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Vendredi 11 septembre 2026 Le Griot du Jour N° 063 — La Une du jour « Ce qui est dit ne meurt pas. »

L’enquête du dimanche

Ciment à 220 000 francs la tonne à Gao, bœuf à 620 000 à Bamako : la vie chère avance au rythme des camions

Un sac de ciment à 12 000 FCFA à Gao, des étals de bouchers dégarnis à Bamako, à Koulikoro et à Bafoulabé : la même semaine, deux marchés de première nécessité craquent à des milliers de kilomètres l'un de l'autre. Que disent exactement les pages que nous avons pu lire, et que valent, face à ces relevés, le prix plafond du ciment fixé en 2025 et les promesses de la filière bétail-viande ? Enquête volontairement bornée à ce qui est vérifiable — et franche sur ce qui ne l'a pas été.

2026-08-30 · Le Griot du Jour

À Gao, le sac de ciment à 12 000 FCFA

Le 22 juillet 2026, Studio Tamani, média certifié par la Journalism Trust Initiative, rapportait que le ciment coûte de plus en plus cher à Gao : le sac vendu à 12 000 FCFA et la tonne à 220 000 FCFA. La radio attribue cette hausse aux difficultés d'approvisionnement depuis l'Algérie et le Niger, et indique que les commerçants espèrent un retour à la normale dans les prochaines semaines. Bamada.net reprend ce texte mot pour mot : une seule source, donc, et non deux.

De ce relevé se tire une arithmétique simple. Le prix plafond du ciment importé au Mali est de 117 000 FCFA la tonne, selon l'agence APAnews qui rendait compte de la décision d'août 2025. Ramené au sac de 50 kilos, cela ferait 5 850 FCFA. À Gao, si le relevé de Studio Tamani est exact, le sac se paie donc un peu plus du double du plafond officiel, soit 103 000 FCFA de plus par tonne. Ce calcul est de nous.

Ce que nous n'avons pas pu établir mérite d'être dit tout de suite : la version d'un ciment à 215 000 FCFA la tonne à Gao « après deux mois de rupture » n'a été confirmée par aucune page que nous avons lue. Le seul chiffre consulté est 220 000, à la date du 22 juillet. Ni relevé de l'administration du commerce, ni communiqué de gouvernorat sur la durée de la rupture, ni prix comparables à Tombouctou ou Mopti n'ont pu être obtenus.

Un plafond décidé à Bamako, un prix décidé sur la route

Le dispositif existe, et il est daté. Selon APAnews, le gouvernement a plafonné la tonne de ciment à 112 000 FCFA pour la production locale et 117 000 FCFA pour l'importé, au terme d'une rencontre tenue un lundi au ministère de l'Industrie et du Commerce, en présence du ministre Moussa Alassane Diallo, de la ministre des Transports et des Infrastructures Mme Dembélé Madina Sissoko et des acteurs de la filière. Journal du Mali reprend les mêmes montants. Objectif affiché par le ministre : contenir la flambée d'un produit indispensable.

L'histoire récente montre que ce prix intérieur se décide surtout ailleurs. Financial Afrik écrivait en janvier 2021 que la tonne, locale comme importée, se vendait quelques mois plus tôt à 90 000 FCFA avant de grimper, les autorités invoquant une pénurie. Studio Tamani relevait en juin 2021 un passage de 90 000 à 110 000 FCFA à Bamako, lié à la baisse des quantités importées du Sénégal. À Yorosso, en février 2022, la même radio notait 10 000 FCFA de hausse, les commerçants incriminant l'embargo de la CEDEAO.

Le contrôle, lui, s'exerce au bout de la chaîne. La rubrique Économie de Studio Tamani porte le titre : « Prix du ciment : la DGCC ferme des quincailleries pour non-conformité ». Nous avons lu ce titre sur la page de la rubrique, pas le corps de l'article, notre capacité de consultation ayant été épuisée. Est donc établi le fait qu'une administration a sanctionné des points de vente ; ne sont pas établis leur nombre, leur localisation, ni les prix effectivement constatés.

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