L’enquête du dimanche
Rentrée du 1er octobre : ce que le fil d'actualité dit, et tout ce qu'il ne dit pas sur le privé
À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au jeudi 1er octobre 2026 sur l'ensemble du territoire, une question traverse les concessions de Bamako comme les cours de Bandiagara : combien coûte réellement l'école, et qui la paie ? Notre rédaction s'était fixé un objectif précis — chiffrer la part du secondaire privé, le nombre d'élèves « orientés » par l'État vers ces établissements et le montant des arriérés qui, chaque année, menacent la reprise. Nous rendons ici ce que la recherche a permis d'établir, et nous disons sans détour ce qu'elle n'a pas permis d'établir. Le lecteur mérite cette distinction plus qu'un texte bien rempli.
2026-09-27 · Le Griot du Jour
Ce qui est établi : un calendrier, trois trimestres, une date
La seule source que nous avons pu lire intégralement pendant cette enquête est un article publié le 17 septembre 2026 par Bamada.net, reprenant un reportage de Studio Tamani. Il confirme que la rentrée scolaire 2026-2027 est prévue le jeudi 1er octobre 2026 sur l'ensemble du territoire national. C'est, à ce stade, le seul élément de calendrier que nous puissions avancer sans réserve, parce qu'il est écrit noir sur blanc dans le document consulté.
Ce même article précise l'architecture de l'année : trois trimestres. Le premier court du 1er octobre au 23 décembre 2026, le deuxième du 4 janvier au 24 mars 2027, le troisième du 5 avril au 30 juin 2027. Un calendrier complet, donc, sans amputation annoncée — ce qui, en soi, contredit l'idée d'une année déjà compromise avant d'avoir commencé.
Sur ce point précis, la rumeur d'une rentrée annulée ne trouve aucun appui dans la source que nous avons lue. Nous n'affirmons pas pour autant qu'elle a circulé, ni dans quels termes : nous n'avons pu consulter aucune publication, aucun démenti officiel, aucune capture vérifiable. Dire le contraire serait prêter à la rumeur une existence documentée que notre travail n'a pas atteinte.
Deux rentrées dans un même pays : Tombouctou et Bandiagara
Le reportage de Studio Tamani, repris par Bamada.net, décrit au nord des écoles encore occupées par des familles déplacées par l'insécurité. À Tombouctou, le second cycle « La Paix » abriterait toujours des familles venues de Zouéra. Le directeur de l'établissement, Alhousseini Harber Souleymane, y est cité nommément ; selon lui, les autorités travailleraient à un relogement sur un site identifié derrière l'abattoir, en cours d'aménagement.
Ce directeur avertit dans les mêmes colonnes : « Si la situation ne change pas, je pense qu'il n'y aura même pas d'école. » Il ajoute, toujours selon la même source, que salles et mobilier devront être remis en état après le départ des occupants. Il s'agit du témoignage d'une partie prenante, rapporté par un seul média : nous le présentons comme tel, au conditionnel, sans confirmation administrative de notre côté.
À Bandiagara, le tableau est autre. Toujours d'après le même reportage, le nettoyage des salles, le désherbage et la réparation des tables-bancs ont commencé dans plusieurs établissements. Au premier cycle Mamadou Tolo B, le directeur Gouro Traoré indique que le désherbage a démarré une semaine avant et qu'un menuisier est attendu pour les tables-bancs ; il évoque aussi une crise de carburant qui renchérit les préparatifs.
Ces deux scènes disent quelque chose de fondamental : la rentrée n'est pas un événement unique, c'est une mosaïque. Mais une mosaïque que nous n'avons pas pu cartographier. Combien d'écoles occupées, dans combien de cercles, pour combien d'élèves ? Le document lu ne le dit pas, et nous n'avons pas pu accéder à un recensement qui le dirait.