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Dimanche 8 novembre 2026 Le Griot du Jour N° 121 — La Une du jour « Ce qui est dit ne meurt pas. »

L’enquête du dimanche

Refoulés de Siguiri : le Mali compte, accueille et s'interroge

En une semaine, les communiqués officiels sont passés de 8 000 à 160 000 personnes arrivées de Siguiri. Ces chiffres ne s'accordent pas entre eux. Qui sont réellement ces refoulés, où dorment-ils, qui les nourrit et les transporte ? Et que risquent nos propres placers de Yanfolila, Kangaba et Kéniéba ? Pour répondre, nous avons recoupé les sources disponibles. Nous indiquons aussi ce que nous n'avons pas pu vérifier.

2026-11-08 · Le Griot du Jour

Des chiffres qui gonflent plus vite que les convois

D'après Dakaractu, le maire de Kouremalé, Mamby Keïta, indique que plus de 8 000 personnes expulsées de Guinée étaient déjà enregistrées dans sa commune le 2 novembre. Selon lui, la plupart seraient burkinabè. Le 4 novembre, Studio Tamani, repris par Dakaractu et Pointschauds, signalait plus de 450 orpailleurs burkinabè et maliens arrivés à Yanfolila. Ensuite, Bamako a annoncé plus de 40 000 personnes recensées à Kourémalé, d'après Guinee360 et Madar.

Puis le chiffre a fait un bond. Selon la dépêche de l'AFP publiée par Seneweb, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) faisait état, au 7 novembre, d'environ 100 000 personnes dans le district de Bamako et de près de 60 000 à Kourémalé. Cela fait environ 160 000 personnes. Le centre compte aussi des blessés et six décès à Kourémalé. Dans les textes que nous avons lus, il n'explique pas comment il compte.

Ces chiffres ne vont pas ensemble. Selon Madar, la ministre burkinabè de la Solidarité, Pélagie Kabré, estime le nombre de retours à environ 50 000, en attendant un enrôlement biométrique. Pourtant, le ministère malien de la Santé présente les Burkinabè comme la majorité des refoulés. Une personne recensée à la frontière, puis à Bamako, a-t-elle été comptée deux fois ? Aucune source ne permet de le dire. Nous n'avons trouvé le chiffre de 80 000 dans aucun document lu.

À Siguiri, interdiction totale et coup de balai administratif

Selon le Journal du Mali, l'orpaillage artisanal est suspendu dans la région de Siguiri depuis le 29 octobre. Les raisons données sont la dégradation de l'environnement, la pollution des cours d'eau et l'usage de machines inadaptées à l'exploitation artisanale. Madar, citant BBC Afrique, rapporte qu'un communiqué de cinq ministres, lu le 2 novembre à la télévision nationale, interdit totalement l'exploitation anarchique de l'or. D'après l'Agence guinéenne de presse citée par Ouestaf, la suspension s'appliquait à toute la région le 4 novembre.

Toujours selon Madar, ce texte vise les engins lourds, le mercure, le cyanure et les explosifs. Il dénonce aussi l'ensablement du Niger et du Tinkisso, une zone humide classée Ramsar. Il annonce un déploiement permanent des forces de sécurité et des poursuites contre les étrangers en situation irrégulière. Conakry a aussi sanctionné ses propres agents. Selon Madar et PlaneteAfrique, 22 administrateurs ont été radiés et 479 chefs de quartier et de district limogés. Ouestaf date au 30 octobre une première suspension des 22, par la ministre Djénabou Touré.

Ce n'est pas la première opération de ce genre. Le 5 novembre, devant les diplomates, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a rappelé un précédent, selon Guineenews cité par Madar. Des Maliens arrêtés avaient déjà été remis à leurs représentants consulaires en juillet 2026, puis l'orpaillage clandestin avait repris. De son côté, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a déclaré à la BBC que Bamako et Ouagadougou n'avaient pas été prévenus. Il a aussi parlé de blessés par balles. Ce sont les propos d'une partie au différend, et nous n'avons pas pu les vérifier.

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