Le colonel Alpha Y. Sangaré, en tenue d'apparat, assis derrière un chevalet portant son nom lors d'une rencontre officielle
Photographie AMAP
La chambre criminelle du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité a condamné, jeudi 3 septembre 2026 à Bamako, l'ancien colonel de la Gendarmerie Alpha Yaya Sangaré à vingt ans de réclusion criminelle. La juridiction a également ordonné le paiement d'un franc symbolique et la confiscation de ses livres, selon l'AMAP.
Le Soft, qui a suivi l'audience, donne la même peine : vingt ans d'emprisonnement ferme. Les deux rédactions, l'agence publique et le journal, concordent sur le quantum prononcé et sur la date du délibéré. Elles désignent l'intéressé de deux manières, ancien colonel de la Gendarmerie pour l'une, ex-gendarme pour l'autre.
Le ministère public avait demandé davantage. À l'audience du 27 août, rapportée par Le Soft, le parquet avait requis la peine de mort pour trahison. Le prévenu avait alors rejeté les accusations portées contre lui. Entre ces réquisitions et le verdict de jeudi, une semaine s'est écoulée devant la même chambre criminelle.
La juridiction saisie n'est pas ordinaire : le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, créé pour connaître des infractions liées aux communications électroniques, a jugé un officier supérieur. Ni l'AMAP ni Le Soft ne détaillent l'ensemble des chefs finalement retenus par la chambre, ni la motivation lue à l'audience.
La confiscation des livres constitue le volet le plus inhabituel de la décision. Elle porte sur les ouvrages du condamné, selon l'AMAP, qui n'indique ni leur nombre, ni les modalités matérielles de la mesure, ni l'autorité chargée de l'exécuter. Aucune des deux sources ne précise le sort réservé aux exemplaires déjà diffusés.
Le franc symbolique figure aussi au dispositif, tel que le rapporte l'agence. La dépêche ne nomme pas le bénéficiaire de cette somme et ne dit pas si une partie civile s'était constituée. Sur ce point comme sur les autres, le corpus disponible s'arrête au dispositif, sans le détail des attendus.
Reste l'après. Ni l'AMAP ni Le Soft n'indiquent si la défense entend exercer une voie de recours, ni dans quel délai. Aucune réaction du condamné ou de ses conseils n'était rapportée jeudi soir. Le dossier, ouvert au grand jour fin août, se referme pour l'instant sur une décision de première instance.