Un marteau de juge posé sur son socle, image d'illustration accompagnant les réquisitions du parquet dans le procès du journaliste Abdrahamane Keïta
Photographie Studio Tamani
Le ministère public a requis, lundi 7 septembre, trois ans d'emprisonnement contre le journaliste Abdrahamane Keita : deux ans ferme et un an avec sursis. L'intéressé comparaissait le même jour devant le tribunal chargé de la lutte contre la cybercriminalité, à Bamako. L'information est rapportée par Studio Tamani, qui a suivi l'audience et publié le compte rendu dans ses journaux du jour.
Un réquisitoire n'est pas une condamnation. Il exprime la demande du parquet ; la juridiction reste libre de la suivre, de l'écarter ou de retenir une peine différente. Abdrahamane Keita demeure présumé innocent tant qu'une décision définitive n'a pas été rendue. Le compte rendu disponible ne détaille ni les faits reprochés, ni les arguments développés par la défense à la barre.
La juridiction saisie est spécialisée. C'est devant ce même pôle que la chambre criminelle a rendu, le 3 septembre, le verdict de l'affaire de l'ancien colonel de gendarmerie Alpha Yaya Sangaré, selon Le Soft. Créée pour traiter les infractions commises par voie numérique, cette formation connaît d'un contentieux qui touche désormais, régulièrement, à des faits d'expression publique.
L'audience intervient au moment où la profession travaille sur ses propres règles. La Maison de la presse a lancé deux chantiers parallèles, l'un sur la convention collective, l'autre sur l'autorégulation, indique Journal du Mali. Les structures mises en place ont quatre-vingt-dix jours pour proposer des textes. L'Essor résume l'enjeu en deux mots : autorégulation et professionnalisation.
Ces deux séquences ne se confondent pas. L'une relève du juge et d'un dossier individuel ; l'autre relève des organisations professionnelles et de textes à négocier. Elles se croisent pourtant sur une même question : qui fixe les limites du métier, et selon quelles procédures. Aucun texte issu des travaux de la Maison de la presse n'est à ce jour adopté.
Aucune réaction d'organisation professionnelle à ce réquisitoire ne figure dans les comptes rendus consultés. Les coordinations régionales, elles, poursuivent leur vie interne : celle de Ségou a renouvelé son bureau le 5 septembre, selon Studio Tamani. Le paysage syndical de la presse malienne reste dispersé entre plusieurs structures, ce que les travaux en cours entendent précisément clarifier.
Reste l'essentiel : la date du délibéré n'a pas été communiquée dans les éléments disponibles, non plus que les suites que la défense entend donner à l'audience. Une décision de première instance ouvre, en toute hypothèse, une voie de recours. Le Griot du Jour rendra compte du jugement lorsqu'il sera prononcé, et de lui seul.