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« Ce qui est dit ne meurt pas. »

Le Griot

du Jour

Chronique Quotidienne des Choses Vues et Entendues

Météo des
étonnements

Fin d'hivernage sur le Mali : ciels lourds et averses brèves sur le Sud et le Sahel occidental, plus rares vers Koro et Douentza, où les semis attendent encore. Les températures remontent l'après-midi, entre 32 et 36 degrés. Le baromètre du Griot reste au même réglage que les paysans : il regarde le ciel plus souvent que l'horloge.

N° 061 — Édition du matin
Mercredi 9 septembre 2026
Prix : 3 colas — mais ça vaut un grin entier

DOUENTZA : LE MIL À 35 000 FRANCS LE SAC

 En quatre jours, le sac de cent kilos a gagné plus de dix mille francs sur certains marchés de Douentza, selon Studio Tamani, dans une région où les pluies manquent et où l'aide dépend de la sécurisation des routes. 

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Fin d'hivernage sur le Mali : ciels lourds et averses brèves sur le Sud et le Sahel occidental, plus rares vers Koro et Douentza, où les semis attendent encore. Les températures remontent l'après-midi, entre 32 et 36 degrés. Le baromètre du Griot reste au même réglage que les paysans : il regarde le ciel plus souvent que l'horloge.

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Le bulletin du matin — environ deux minutes

Édition
extraordinaire !

Le sac de cent kilos de mil se négociait entre 22 500 et 23 000 francs CFA à Douentza le 4 septembre.

Quatre jours plus tard, il atteint 35 000 francs sur certains marchés de la ville, selon Studio Tamani.

Le déficit de pluies affecte la campagne 2026-2027 dans la région de Douentza.

À Koro, les semis ont pris du retard et certaines cultures souffrent déjà du manque d'eau.

La sécurisation de l'acheminement de l'aide reste le verrou identifié pour les déplacés de Mopti et d'ailleurs.

Chronique du fleuve

Par notre envoyé spécial
Bakary Sans-Ombre

Il y a deux Mali dans un même mois de septembre. Au Sud, des paysans comptent leurs sillons avec confiance ; au centre, d'autres comptent les jours sans pluie. Entre les deux, un sac de cent kilos qui a changé d'étiquette en une semaine à Douentza. À Kokry et à Macina, deux comités de gestion des stocks céréaliers sont désormais dirigés par des femmes : voilà des greniers qui auront au moins des comptables. Le reste dépend du ciel, ce fournisseur qui n'envoie jamais de facture ni de calendrier.

« « Le grenier se remplit à la saison, il se juge à la soudure. » »
Sacs ouverts de mil, de riz et d'autres céréales exposés à la vente sur un étal de marché

Sacs ouverts de mil, de riz et d'autres céréales exposés à la vente sur un étal de marché
Photographie Studio Tamani

À Douentza, le sac de cent kilos de mil, vendu entre 22 500 et 23 000 francs CFA le vendredi 4 septembre 2026, atteint désormais 35 000 francs sur certains marchés de la ville, rapporte Studio Tamani. La hausse, intervenue en quelques jours, pèse d'abord sur les ménages qui achètent leur céréale au détail, à la veille des semaines les plus tendues de la soudure.

La même radio situe cette flambée dans un contexte agricole dégradé. Dans la région de Douentza, le déficit de pluies affecte la campagne 2026-2027 et la situation y est décrite comme beaucoup plus préoccupante qu'ailleurs. Les producteurs du centre entrent donc dans la fin de saison avec des perspectives de récolte incertaines, alors que les stocks des ménages s'amenuisent.

Plus au sud du cercle, à Koro, les campagnes vivent la même attente. Les pluies se font rares cette année, les semis ont pris du retard et certaines cultures souffrent déjà du manque d'eau, selon Studio Tamani. Les producteurs y redoutent une baisse des rendements, sans qu'aucune évaluation chiffrée n'ait été rendue publique à ce stade.

Le tableau n'est pas uniforme. Dans plusieurs localités du sud du pays, la campagne agricole 2026-2027 suscite au contraire de l'espoir, indique la même source. L'écart entre les zones méridionales, mieux arrosées, et les cercles du centre commande la suite : c'est de la circulation des céréales entre ces deux ensembles que dépendront les prix des prochaines semaines.

Cette circulation est précisément le point difficile. Alors que l'aide alimentaire et agricole s'organise pour soutenir les déplacés internes à Mopti et dans d'autres régions, la sécurisation et la fluidité de l'acheminement demeurent le verrou stratégique, écrit Studio Tamani. Autrement dit, les vivres existent ; leur arrivée jusqu'aux bénéficiaires reste la question ouverte.

Là où les convois passent, les distributions se tiennent. À Tombouctou, une cérémonie de remise de vivres aux victimes des inondations s'est déroulée mardi 8 septembre au gouvernorat. Le don, composé de riz, de mil et de sucre, bénéficie aux populations sinistrées de la région, selon la même radio, qui n'en précise ni le volume ni le bailleur.

Plusieurs inconnues subsistent. Aucune source ne donne le niveau des stocks disponibles à Douentza, ni la durée prévisible de la hausse, ni d'éventuelle mesure de régulation des prix. Les autorités régionales ne se sont pas exprimées publiquement sur ce renchérissement.

La suite dépendra de deux calendriers : celui des dernières pluies de septembre, qui décidera des rendements du centre, et celui des convois humanitaires, dont la régularité conditionne l'approvisionnement des marchés isolés.

Le Griot du Jour, d'après Studio Tamani

Réactions
(et retenues)

Un semencier du cercle de Koro :

J'ai des sachets pour tous les goûts. Il me manque seulement le client principal : la pluie.

Une ménagère au marché de Douentza :

Avant, je marchandais le prix. Maintenant, je marchande la quantité.

Un membre d'un comité de gestion des céréales à Macina :

Deux femmes à la tête des stocks : le grenier n'a plus le droit de faire ses comptes tout seul.

Un élève-maître en stage à Tominian :

Trente-huit jours de didactique. Après cela, même une craie m'obéira.

Le grenier familial (qui répond rarement) :

On me consulte en septembre, on m'oublie en novembre. Je suis d'une patience remarquable.

Petites annonces
de Bamako

  • CHERCHE covoiturage vers Dakar, Abidjan ou Rabat, départ après le 15 septembre, dossier de visa chinois sous le bras et patience en bagage à main.
  • AVIS aux gourmands prévoyants : Kayes annonce son Festival international des saveurs du 25 octobre au 2 novembre. On accepte les appétits, on décline les régimes.
  • OFFRE de bras : 80 jeunes formés cette semaine à Bafoulabé aux métiers du solaire. Le soleil, lui, travaille déjà sans convention collective.
  • RECHERCHE stylo qui ne tremble pas, pour les 84 candidats du Brevet de technicien de Yorosso et de Koury. Prière de le rendre après l'épreuve.
  • ÉTAT CIVIL de Koulikoro : 804 naissances déclarées en six mois. Les carnets sont à jour, les prénoms restent à négocier en famille.

Le journal, chaque matin à 6 heures.

LES FAMA ANNONCENT DES FRAPPES CIBLÉES

L'armée dit avoir visé mardi plusieurs positions de groupes armés terroristes dans différentes zones du pays.

Les Forces armées maliennes, appuyées par leurs partenaires, ont annoncé mardi avoir ciblé plusieurs positions de groupes armés terroristes dans différentes zones du territoire, rapporte l'AMAP. L'annonce s'inscrit dans la poursuite des opérations conduites par l'état-major.

Le compte rendu transmis à l'agence ne précise ni les localités visées, ni les moyens engagés, ni un quelconque bilan. Aucune source indépendante n'a confirmé le détail de ces frappes à l'heure où nous écrivons.

AMAP

BAFOULABÉ FORME QUATRE-VINGTS JEUNES AU SOLAIRE

Une session de cinq jours ouverte lundi à la mairie initie des jeunes du cercle aux métiers des énergies renouvelables.

Quatre-vingts jeunes de Bafoulabé suivent depuis lundi une formation aux métiers des énergies renouvelables, lancée à la mairie de la localité, selon Studio Tamani. Les travaux se déroulent du 7 au 11 septembre, dans le cadre du projet Avenir Brillant II.

La radio ne détaille pas le contenu des modules ni les débouchés proposés à l'issue de la semaine. Le cercle de Bafoulabé, dans la région de Kayes, accueille par ailleurs des actions de sensibilisation contre l'immigration irrégulière, indique L'Essor.

Studio Tamani

MACINA : DES FEMMES GÈRENT LES STOCKS CÉRÉALIERS

Deux comités de gestion des céréales sont désormais dirigés par des femmes à Kokry et à Macina.

Foyt Diallo, de Kokry Centre, et Oumou Ballo, de Macina, dirigent chacune un comité de gestion des stocks céréaliers, rapporte Studio Tamani. Les deux structures comptent cinq membres. Ces responsabilités placent des femmes au cœur d'une fonction jusque-là peu ouverte à elles dans la zone.

La radio ne précise ni le volume des stocks concernés ni la durée des mandats. Dans une région rizicole où la conservation des céréales conditionne les prix locaux, la composition de ces comités engage l'approvisionnement des villages avoisinants.

Studio Tamani

Nouvelles d’Afrique

MSF : 1 046 SURVIVANTS DÉBARQUÉS SUR LA CÔTE

Au total, 1 046 personnes ayant survécu à des traversées en bateau ont débarqué fin août à Nouadhibou, en Mauritanie, ainsi qu'à Rosso et à Dakar, au Sénégal, selon Médecins Sans Frontières, cité par l'AMAP. Ces débarquements concernent la route migratoire atlantique, empruntée depuis les côtes ouest-africaines.

L'organisation médicale ne détaille ni les nationalités des rescapés, ni le nombre d'embarcations concernées, ni l'état de santé des personnes prises en charge. Aucun bilan de disparus n'accompagne ce décompte dans la dépêche de l'agence malienne.

Nouvelles du monde

BERLIN : L'ALLEMAGNE ÉLIMINE LES AIGLES DAMES

Les Aigles Dames ont été éliminées lundi de la Coupe du monde féminine de basketball 2026, après leur défaite 83-58 devant l'Allemagne lors de la troisième rencontre de poule, a constaté l'AMAP. Le Mali quitte ainsi une compétition mondiale disputée en Europe, où il figurait parmi les rares représentants africains.

Cette sortie intervient quarante-huit heures après le match précédent des Maliennes, précise l'agence. Le parcours s'arrête au premier tour, sans que la fédération ait publié de commentaire sur la suite de la préparation de la sélection.

Les chiffres qui piquent

  • Sac de cent kilos de mil à Douentza35 000 FCFA
  • Prix du même sac le 4 septembre22 500 à 23 000 FCFA
  • Survivants débarqués fin août en Mauritanie et au Sénégal, selon MSF1 046
  • Naissances déclarées à Koulikoro au premier semestre804
  • Jeunes formés aux métiers du solaire à Bafoulabé80
  • Candidats au Brevet de technicien à Yorosso et Koury84
  • Briques de cannabis saisies par la gendarmerie de Kati7
  • Durée du stage des élèves-maîtres de Tominian38 jours
  • Score de la défaite des Aigles Dames devant l'Allemagne83-58
  • Sacs de mil ayant consenti à baisser d'eux-mêmesZéro

Le mot du jour

« Soudure »
(nom féminin)

Période creuse entre l'épuisement des réserves et la récolte suivante, pendant laquelle le sac de céréales prend un accent plus grave que d'habitude. Ne se répare ni au fer ni au chalumeau.

Le jeu du Griot

À Douentza, le sac de cent kilos de mil se vendait 23 000 francs CFA le vendredi 4 septembre ; on l'annonce désormais à 35 000 dans certains marchés. De combien de francs a-t-il grossi en une semaine, sans prendre un gramme ?

Réponse dans l'édition de demain.

Réponse d'hier : La plaque d'immatriculation.

Interview exclusive
d'un sac de mil de cent kilos

Q : On vous a beaucoup cité cette semaine.

R : Contre mon gré. Je n'ai rien demandé : je pèse toujours cent kilos, c'est mon étiquette qui s'agite.

Q : 22 500 francs vendredi dernier, 35 000 aujourd'hui dans certains marchés de Douentza. Vous vous expliquez ?

R : Je transporte du mil, pas des explications. Demandez à la route, au camion et au ciel : ils étaient tous les trois dans la négociation.

Q : Que voudriez-vous pour la campagne 2026-2027 ?

R : Deux choses simples. De l'eau au bon moment au centre, et un peu moins de monde à me soulever pour deviner mon prix.

Q : Un conseil aux ménages ?

R : Ne me jugez pas à ma taille. Un sac plein rassure une semaine ; un grenier bien tenu rassure une saison.

Rions un peu !

Au marché, un client demande si le prix du sac est ferme. Le vendeur répond : « Le prix, oui. C'est la pluie qui n'est pas ferme. »

Le sondage du grin

Quand les pluies se font attendre, que remplit-on d'abord ?

Un geste, une voix — résultats demain matin.

Le dessin du jour

par Le Crayon de Ségou

Je sème court : le ciel compte ses gouttes.
CAMPAGNE 2026-2027 SUD : ESPOIR CENTRE : PLUIES RARES

D'un cercle à l'autre, la même daba et deux saisons différentes.

Phrase de sage

« Celui qui compte ses épis avant la pluie apprend l'arithmétique deux fois. »

— Sagesse du grin, quartier de Bagadadji

En bref mais encore plus fort

  • Tombouctou : du riz, du mil et du sucre ont été remis mardi au gouvernorat aux victimes des inondations.
  • Yorosso : 84 candidats des écoles agropastorales composent le Brevet de technicien dans un centre unique, avec Koury.
  • Koulikoro : 804 naissances ont été déclarées au premier semestre 2026, dont 431 garçons, selon l'état civil.
  • Kati : la brigade de recherche de la gendarmerie a saisi sept briques de cannabis dissimulées dans un véhicule.
  • Tominian : l'IFM Nouhouzo Diarra a ouvert lundi un stage de trente-huit jours en didactique pour ses élèves-maîtres.
  • Kayes accueillera du 25 octobre au 2 novembre le Festival international des saveurs de la région.
  • Banjul : le président de la Femafoot, Mahazou dit Baba Cisset, a été élu dimanche 2e vice-président de l'UFOA-A.
  • Aiglonnets : le sélectionneur Sékou Seck a dévoilé mardi son onze de départ face au Liberia, en qualifications de la CAN U17.

L’enquête du dimanche

Fleuve interdit la nuit à Mopti : ce que nous pouvons écrire, et ce que nous refusons d'écrire

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Sources de cette édition : Studio Tamani · AMAP · Journal du Mali · Le Soft · L’Essor · Sahel Tribune · Sikafinance

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