Sacs ouverts de mil, de riz et d'autres céréales exposés à la vente sur un étal de marché
Photographie Studio Tamani
À Douentza, le sac de cent kilos de mil, vendu entre 22 500 et 23 000 francs CFA le vendredi 4 septembre 2026, atteint désormais 35 000 francs sur certains marchés de la ville, rapporte Studio Tamani. La hausse, intervenue en quelques jours, pèse d'abord sur les ménages qui achètent leur céréale au détail, à la veille des semaines les plus tendues de la soudure.
La même radio situe cette flambée dans un contexte agricole dégradé. Dans la région de Douentza, le déficit de pluies affecte la campagne 2026-2027 et la situation y est décrite comme beaucoup plus préoccupante qu'ailleurs. Les producteurs du centre entrent donc dans la fin de saison avec des perspectives de récolte incertaines, alors que les stocks des ménages s'amenuisent.
Plus au sud du cercle, à Koro, les campagnes vivent la même attente. Les pluies se font rares cette année, les semis ont pris du retard et certaines cultures souffrent déjà du manque d'eau, selon Studio Tamani. Les producteurs y redoutent une baisse des rendements, sans qu'aucune évaluation chiffrée n'ait été rendue publique à ce stade.
Le tableau n'est pas uniforme. Dans plusieurs localités du sud du pays, la campagne agricole 2026-2027 suscite au contraire de l'espoir, indique la même source. L'écart entre les zones méridionales, mieux arrosées, et les cercles du centre commande la suite : c'est de la circulation des céréales entre ces deux ensembles que dépendront les prix des prochaines semaines.
Cette circulation est précisément le point difficile. Alors que l'aide alimentaire et agricole s'organise pour soutenir les déplacés internes à Mopti et dans d'autres régions, la sécurisation et la fluidité de l'acheminement demeurent le verrou stratégique, écrit Studio Tamani. Autrement dit, les vivres existent ; leur arrivée jusqu'aux bénéficiaires reste la question ouverte.
Là où les convois passent, les distributions se tiennent. À Tombouctou, une cérémonie de remise de vivres aux victimes des inondations s'est déroulée mardi 8 septembre au gouvernorat. Le don, composé de riz, de mil et de sucre, bénéficie aux populations sinistrées de la région, selon la même radio, qui n'en précise ni le volume ni le bailleur.
Plusieurs inconnues subsistent. Aucune source ne donne le niveau des stocks disponibles à Douentza, ni la durée prévisible de la hausse, ni d'éventuelle mesure de régulation des prix. Les autorités régionales ne se sont pas exprimées publiquement sur ce renchérissement.
La suite dépendra de deux calendriers : celui des dernières pluies de septembre, qui décidera des rendements du centre, et celui des convois humanitaires, dont la régularité conditionne l'approvisionnement des marchés isolés.