Portrait, publié avec l’article de l’AMAP sur le réquisitoire du parquet dans l’affaire de la zone aéroportuaire, d’un homme souriant en costume clair et cravate, devant des boiseries sculptées et un drapeau.
Photographie AMAP
Le procureur du Pôle national économique et financier (PNEF), Mohamadine Ag Haoussa, a requis jeudi 22 octobre à Bamako quinze ans de réclusion contre trois accusés de l'affaire dite de la zone aéroportuaire : l'ancien maire du District, Adama Sangaré, et les anciens sous-préfets Ibrahim Koïta et Daha Keïta. Il était assisté de son substitut, Kao Djouma, selon l'Agence malienne de presse (AMAP).
Ces réquisitions ne valent pas condamnation. Les trois hommes restent présumés innocents tant que la Chambre criminelle du PNEF, devant laquelle se tient le procès, ne s'est pas prononcée. Le parquet a réclamé une peine identique pour chacun d'eux, sans distinguer, dans l'extrait publié par l'AMAP, la part de responsabilité qu'il leur attribue.
Le dossier porte notamment sur la régularisation de parcelles dans la zone aéroportuaire de Bamako. Les audiences des jours précédents, rapportées par Le Soft, ont permis à chacun des accusés de présenter sa version des faits devant les juges de la Chambre criminelle, avant que le ministère public ne prenne la parole pour ses réquisitions.
Au deuxième jour du procès, Adama Sangaré a invoqué des instructions verbales de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, selon Le Soft. L'ancien maire a également fait valoir des exonérations à vocation sociale et soutenu que ses décisions relevaient de ses prérogatives. Ces explications constituent sa ligne de défense ; elles n'ont pas encore été tranchées par la juridiction.
Le troisième jour d'audience, jeudi 15 octobre, a fait apparaître deux lignes de défense distinctes chez les anciens sous-préfets. Daha Keïta a reconnu avoir régularisé plusieurs centaines de parcelles, rapporte Le Soft. Le journal ne précise pas, dans l'extrait disponible, les conditions dans lesquelles l'ancien administrateur dit avoir procédé à ces opérations foncières.
Ibrahim Koïta, orthographié Ibrahima Koïta par Le Soft, a pour sa part dénoncé une signature imitée, selon le même journal. L'accusé conteste ainsi être l'auteur de certains actes versés au dossier. Cette contestation devra être appréciée par les juges, à qui il revient d'établir l'authenticité des documents examinés au cours des débats.
La suite du procès reste à préciser. Les articles disponibles n'indiquent ni la date des plaidoiries de la défense ni celle à laquelle la Chambre criminelle rendra sa décision. Le sort des trois accusés dépendra de l'appréciation des preuves par la juridiction, qui n'est pas tenue de suivre les réquisitions du parquet.