Une rue en terre bordée de murs en parpaings et d'arbres, où passe une femme portant un enfant, dans un quartier en construction.
Photographie Studio Tamani
Selon Studio Tamani, 542 habitants de Souleye, un village de la région de Ségou, vivent aujourd'hui à Macina. Ils y ont trouvé refuge après l'attaque de leur localité, le 3 septembre dernier. Près de deux mois plus tard, la radio décrit une situation humanitaire qui s'accentue : des maisons saturées, une nourriture insuffisante et un accès difficile à l'école comme aux services sociaux.
Le logement constitue la première difficulté relevée. Les habitations qui accueillent les familles de Souleye sont saturées, d'après Studio Tamani. Le manque de nourriture s'y ajoute. Les éléments publiés ne précisent ni l'identité des assaillants ni le bilan de l'attaque du 3 septembre ; ils portent sur la condition des personnes qui ont dû quitter leur village et s'installer à Macina.
La rupture touche aussi la scolarité. Studio Tamani signale des difficultés d'accès à l'école pour les déplacés, ainsi qu'aux services sociaux de base. Pour ces familles, l'installation à Macina ne s'est donc pas accompagnée d'un retour à une vie ordinaire : l'hébergement, l'alimentation et l'éducation restent à organiser, selon les informations rapportées par la radio.
Sur le plan sanitaire, une aide existe dans la ville. Depuis un mois, l'ONG Médecins Sans Frontières offre une assistance médicale gratuite aux malades au centre de santé communautaire de Macina, rapporte également Studio Tamani. L'organisation vise en particulier les personnes vulnérables. Cette intervention doit se poursuivre pendant encore quelques mois, sans que sa date de fin soit précisée.
La situation de Macina n'est pas isolée dans le centre du pays. L'AMAP rapporte que la Fondation malienne pour l'entraide et le développement a remis, lundi 26 octobre, des vivres d'une valeur d'un million de FCFA à 25 ménages déplacés de Diafarabé. Ces familles ont trouvé refuge à Tenenkou, où la distribution a eu lieu.
Ces deux dons répondent à des besoins précis : les soins pour les malades de Macina, l'alimentation pour les ménages de Diafarabé. Les informations disponibles ne mentionnent toutefois aucune opération comparable en faveur des 542 déplacés de Souleye pour le logement, la nourriture ou la scolarisation, les trois difficultés que Studio Tamani place au premier rang.
Plusieurs questions restent en suspens. Les sources consultées n'évoquent ni un recensement officiel de ces familles, ni un plan de prise en charge par les autorités, ni une perspective de retour à Souleye. Le nombre de 542 personnes constitue à ce jour la seule donnée chiffrée publiée sur ce groupe de déplacés installés à Macina.