Des dizaines de jeunes hommes, sacs au dos, rassemblés devant un bâtiment à Kouremalé, localité frontalière où affluent des personnes venues de Guinée.
Photographie Studio Tamani
Plus de 450 orpailleurs, de nationalités malienne et burkinabè, ont regagné Yanfolila mercredi 4 novembre 2026 en provenance de la Guinée, selon Studio Tamani. Ce retour s'inscrit dans un mouvement plus large : la suspension de l'orpaillage artisanal dans la préfecture guinéenne de Siguiri provoque, d'après la même radio, le retour forcé de milliers d'orpailleurs étrangers, notamment maliens et burkinabè.
Le flux ne s'arrête pas aux localités frontalières. L'Agence malienne de presse (AMAP) rapporte que des ressortissants africains, en majorité originaires d'un pays membre de la Confédération des États du Sahel (AES), sont arrivés à Bamako après avoir quitté des sites d'orpaillage en Guinée. L'agence signale aussi un important afflux de personnes de diverses nationalités à la frontière, en direction du District de Bamako.
Kouremalé, localité frontalière entre les deux pays, se trouve en première ligne. Studio Tamani y décrit l'arrivée de milliers de personnes venues du territoire guinéen. Face à cet afflux, les autorités ont annoncé des mesures, dont le détail n'apparaît pas dans les éléments dont disposait notre rédaction à l'heure du bouclage.
Ouagadougou s'organise pour rapatrier ses ressortissants. Le Burkina Faso a mobilisé une centaine de bus, dont 50 déjà en route vers le Mali, afin d'assurer le retour des Burkinabè refoulés de Guinée, selon l'AMAP. L'annonce a été faite mercredi à Bamako, précise l'agence, qui ne détaille pas encore le calendrier des convois ni les points de regroupement prévus.
Côté guinéen, les autorités justifient la suspension de l'orpaillage, rapporte Studio Tamani. Les éléments partiels consultés par Le Griot du Jour ne permettent pas d'exposer l'intégralité des motifs avancés par Conakry. Aucune durée de la mesure n'est mentionnée dans les dépêches disponibles, ce qui laisse incertaine la perspective d'un retour des orpailleurs sur les sites de Siguiri.
Le secteur aurifère artisanal reste lui aussi exposé de ce côté-ci de la frontière. Le 30 octobre, six orpailleurs burkinabè ont péri dans l'effondrement d'une galerie sur un site de la commune de Nouga, dans le cercle de Kangaba, selon Journal du Mali. Les autorités locales s'étaient rendues sur place avec les services de sécurité et de secours.
Plusieurs questions restent ouvertes. Aucun bilan consolidé du nombre de personnes concernées n'a été publié : les sources parlent de « milliers », sans chiffre global. Les conditions d'accueil à Kouremalé et à Bamako, la prise en charge des orpailleurs d'autres nationalités et l'éventuelle réintégration des Maliens dans leurs localités d'origine ne sont pas encore précisées.