Les délégations de la Confédération des États du Sahel réunies autour d'une table en U lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'AES, sous une banderole aux couleurs des trois pays.
Photographie Malijet
Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) ont harmonisé leurs positions vendredi 16 octobre 2026 à Ouagadougou, rapporte l'Agence malienne de presse (AMAP). La rencontre se tenait en prélude aux négociations que la Confédération doit engager avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao). Les diplomates de l'AES aborderont donc ces discussions avec une ligne arrêtée en commun.
La dépêche de l'AMAP, datée de Bamako, ne détaille pas le contenu des positions arrêtées dans la capitale burkinabè. Elle ne fixe pas non plus le calendrier des pourparlers et ne dresse pas la liste des dossiers appelés à être débattus. Faute d'éléments publiés par les parties, ces points restent ouverts, et le présent article s'abstient de les supposer.
Cette concertation s'inscrit dans une période où la Confédération multiplie les rendez-vous communs. La première édition du Pari confédéral de l'AES s'est achevée jeudi 15 octobre à Bamako, selon l'AMAP, qui annonce une deuxième édition à Niamey en octobre 2027. L'organisation commune déborde ainsi le seul terrain diplomatique pour toucher des activités grand public.
Le projet confédéral nourrit aussi la réflexion universitaire. Journal du Mali présente le nouvel ouvrage de l'enseignant-chercheur Dr Ahmadou Touré, « Souveraineté et refondation étatique au Mali (2020-2026) : vers l'Alliance des États du Sahel ». L'auteur y analyse la trajectoire ouverte en 2020 et soutient qu'« aucun développement durable n'est possible sans souveraineté effective ».
La méthode retenue à Ouagadougou a une portée pratique : en harmonisant leurs positions avant la table des négociations, les ministres de l'AES se présenteront face à la Cedeao avec une approche concertée plutôt qu'en ordre dispersé. C'est le sens de la démarche décrite par l'AMAP, qui situe explicitement la réunion de vendredi en amont des discussions avec l'organisation ouest-africaine.
Plusieurs inconnues demeurent à cette heure. La date et le lieu de l'ouverture des négociations ne sont pas connus, pas plus que la composition des délégations. Aucune réaction de la Cedeao ne figure dans les éléments disponibles. Le contenu de la position commune de l'AES, enfin, n'a pas été rendu public. Ces réponses conditionneront la portée réelle de la rencontre de vendredi.