Des liasses de billets de 1 000, 2 000 et 500 francs CFA comptés à la main, image de ces milliards dont le Pôle économique et financier demande la justification.
Photographie Le Soft
Un ancien agent public, également ancien conseiller municipal de Kidal, comparaît devant le Pôle économique et financier, rapporte Le Soft. Au centre du procès se trouve un écart chiffré : son patrimoine est évalué à 8,18 milliards de FCFA, alors que ses revenus légitimes sont estimés à 34,4 millions de FCFA. L'intéressé doit justifier l'origine de ces biens devant la juridiction.
La disproportion structure tout le dossier. Rapporté aux revenus retenus, le patrimoine évalué les dépasse de plus de deux cents fois. Plus de 8,1 milliards de FCFA ne trouvent donc pas d'explication dans les seules rémunérations prises en compte. C'est précisément sur ce point que l'accusé est attendu à la barre. Il reste présumé innocent jusqu'à une décision définitive.
Le profil du prévenu mêle deux fonctions, selon Le Soft : une carrière dans l'administration publique et un mandat local passé au conseil municipal de Kidal. Les éléments disponibles ne précisent ni les postes occupés, ni la période examinée, ni la composition exacte du patrimoine évalué. Ces données devraient apparaître au fil des débats.
Le Pôle économique et financier poursuit par ailleurs un calendrier chargé. L'Essor annonce qu'Adama Sangare et ses coaccusés sont attendus à la barre de cette même juridiction lundi. Les deux affaires sont distinctes. Elles illustrent toutefois la place prise par cette chambre spécialisée dans le traitement des dossiers financiers portés devant la justice malienne.
Le nom de Kidal revient cette semaine dans l'actualité pour une autre raison. D'après Le Soft, les Forces armées maliennes et leurs alliés ont atteint la ville le 6 octobre, après son évacuation par les groupes armés. Aucun lien n'est établi entre ce contexte militaire et le dossier jugé au Pôle, qui concerne la situation personnelle d'un ancien élu.
La question de la gestion des deniers publics occupe aussi d'autres enceintes. À Koulikoro, rapporte l'AMAP, un atelier a réuni des agents autour du renforcement des compétences, de la transparence dans la gestion des ressources publiques et de l'amélioration de la performance. Le procès en cours en offre une traduction judiciaire, centrée sur la justification des biens.
Plusieurs inconnues demeurent. Les arguments de la défense, les éventuelles réquisitions du parquet et la date du délibéré ne figurent pas dans les informations disponibles. L'issue dépendra de la capacité de l'accusé à documenter l'origine de son patrimoine. Tant que la juridiction n'a pas statué, les faits qui lui sont reprochés restent des soupçons.