Trois jeunes femmes assises côte à côte, pagnes en bogolan, mains jointes et pieds ornés de henné, visages hors champ, sur un sol en carreaux cassés près de calebasses.
Photographie Journal du Mali
Au Mali, plus d'une femme âgée de 20 à 24 ans sur deux a été mariée ou mise en union avant ses 18 ans, selon Journal du Mali. Le journal publie un dossier sur le mariage d'enfants à l'approche de la Journée internationale de la fille. Son angle tient dans un titre : protéger avant la cérémonie, c'est-à-dire agir avant l'union plutôt que de constater après coup.
Selon Journal du Mali, plusieurs obstacles freinent cette protection. Les alertes arrivent souvent trop tard, lorsque les préparatifs sont déjà engagés. La déscolarisation accompagne fréquemment l'union précoce et prive les jeunes filles d'un cadre où leur situation pourrait être repérée. Le dossier relève aussi des différences qui compliquent la réponse des familles, de l'école et des autorités.
Coordinatrice de FAWE Mali, Naparé Magnini Diarra détaille dans un entretien accordé à Journal du Mali les mécanismes de détection des filles menacées. Sa méthode tient en trois temps : « Il faut écouter la fille sans jugement, évaluer les risques et établir un plan de sécurité et de maintien à l'école. » L'écoute précède ainsi toute décision prise au nom de l'adolescente.
La responsable ne s'arrête pas à la prévention. Elle expose aussi, selon le journal, les solutions permettant à une fille de poursuivre sa scolarité lorsque le mariage a déjà eu lieu. L'objectif affiché reste le même dans les deux cas : éviter que l'union ne referme la porte de la classe et ne coupe la jeune fille de toute formation.
Sur le terrain, l'école s'organise aussi contre les violences basées sur le genre. À Kayes N'Di, un dialogue scolaire s'est tenu mercredi 7 octobre au Groupe scolaire Abdourahmane Gueye 4, rapporte Studio Tamani. La rencontre s'inscrivait dans le cadre du projet Initiative Priorité à l'égalité, qui associe élèves et encadrement à la lutte contre ces violences.
Les deux démarches convergent vers un même point d'appui. L'établissement scolaire y apparaît à la fois comme lieu de repérage des situations à risque, comme espace de parole et comme garantie de continuité pour les filles concernées. Journal du Mali cite en outre l'expérience d'un pays voisin comme repère possible pour le Mali, présentée en page Afrique de cette édition.
Plusieurs questions restent ouvertes. Les articles publiés ne précisent ni le nombre de signalements traités ni le nombre de filles maintenues à l'école grâce à ces dispositifs. Ils ne disent pas davantage quelles suites les autorités entendent donner aux alertes tardives. La Journée internationale de la fille offrira une nouvelle occasion de mesurer les engagements pris.