Un groupe d'officiers et de soldats maliens en tenue de camouflage, dont un officier coiffé d'un turban qui s'exprime devant un micro tendu, lors d'une déclaration filmée par l'ORTM.
Photographie Malijet
Les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés ont atteint Kidal le 6 octobre, selon Le Soft, qui retrace la reprise de la ville du nord du pays. Les groupes armés l'avaient évacuée avant l'arrivée des troupes, d'après le journal. Une semaine plus tard, les déplacés originaires de Kidal interrogés par Studio Tamani estiment que les conditions de leur retour ne sont pas encore réunies.
L'opération n'a rien d'improvisé. Selon Le Soft, la reconquête était préparée depuis deux mois et avait d'abord été reportée. Elle a combiné l'envoi de renforts, des frappes aériennes et une progression terrestre. Les éléments publiés par le journal ne précisent pas l'identité des alliés engagés aux côtés de l'armée, ni la date initialement retenue pour l'offensive.
Studio Tamani a recueilli la parole de ressortissants de Kidal installés à Gao et à Ménaka. Tous placent l'insécurité au premier rang des obstacles à leur retour. La radio souligne que ces réticences persistent malgré le renforcement des positions de l'armée malienne dans la ville. Les témoignages diffusés ne mentionnent aucune échéance de retour.
Le quotidien L'Essor consacre de son côté un dossier à la sécurisation de la région de Kidal. Il le place sous un double intitulé : une « souveraineté assurée » et les « défis d'une stabilisation durable ». La formule pose les deux termes du dossier : la présence de l'État dans la ville d'une part, la durée de cette stabilisation d'autre part.
Kidal est le chef-lieu de la région qui porte son nom. Le départ des groupes armés, rapporté par Le Soft, a permis l'entrée des troupes sans que le journal ne fasse état, dans les éléments consultés, de combats dans la ville elle-même. La suite se joue désormais hors du champ strictement militaire.
Le retour des populations devient l'enjeu que relèvent les trois médias. Studio Tamani le documente par les témoignages des familles, L'Essor par la mention des défis de stabilisation. Pour ces familles dispersées entre Gao, Ménaka et d'autres localités, le contrôle de la ville par l'armée ne suffit pas, à ce stade, à lever leurs craintes.
Plusieurs questions restent sans réponse dans les articles disponibles : le nombre de personnes déplacées concernées, les mesures envisagées pour sécuriser leur retour, l'état des services publics à Kidal. Aucun bilan humain de l'opération ne figure dans les éléments consultés. Le Griot du Jour n'a pas été en mesure de vérifier ces faits de manière indépendante sur le terrain.