Sidi Sosso Diarra, ancien Vérificateur général, s’exprimant devant des micros lors d’une intervention publique antérieure à sa condamnation.
Photographie Malijet
La Chambre criminelle de la Cour d'appel de Bamako a rendu son délibéré jeudi 5 novembre. L'ancien Vérificateur général Sidi Sosso Diarra et Amadou Diop, son directeur administratif et financier au moment des faits, ont été condamnés à cinq ans d'emprisonnement avec sursis, rapporte Le Soft. La décision tombe moins d'une semaine après leur comparution devant cette même juridiction.
La peine de prison s'accompagne d'une condamnation pécuniaire de près d'un milliard, selon L'Essor. Le quotidien national ne précise pas, dans les éléments disponibles, la nature exacte de cette somme, amende ou réparation, ni sa répartition entre les deux condamnés. Ce volet financier constitue néanmoins la part la plus lourde du verdict prononcé par les juges d'appel.
Les deux hommes avaient été placés sous mandat de dépôt le vendredi précédent, dans la soirée, à l'issue de leur comparution, selon Le Soft. Cette mesure de détention avait marqué l'ouverture de la phase de jugement d'un dossier instruit depuis plusieurs années et resté longtemps en attente devant les juridictions de la capitale.
L'affaire trouve son origine dans deux rapports de la Section des comptes de la Cour suprême. Selon Le Soft, ces documents ont relevé des irrégularités dans la gestion du Bureau du Vérificateur général entre 2004 et 2010, période durant laquelle Sidi Sosso Diarra dirigeait l'institution chargée, précisément, de contrôler l'usage des deniers publics par les administrations.
La Chambre d'accusation avait renvoyé les deux mis en cause devant la juridiction de jugement par un arrêt du 4 mars 2025, d'après le même journal. Plus de vingt mois se sont donc écoulés entre cet arrêt de renvoi et le délibéré de jeudi, qui fixe désormais la responsabilité pénale retenue par la Cour d'appel.
Le sursis signifie que la peine d'emprisonnement n'a pas vocation à être exécutée en détention, sauf révocation ultérieure. Les articles consultés n'indiquent toutefois pas si les deux condamnés ont quitté la maison d'arrêt après le prononcé du verdict, ni dans quels délais la mesure de mandat de dépôt a pris fin.
Plusieurs points restent en suspens. Aucune des sources ne rapporte, à ce stade, la réaction de la défense ou du parquet. Aucune ne fait non plus état d'un éventuel pourvoi en cassation, voie de recours qui demeure ouverte aux parties. Les modalités de recouvrement de la condamnation pécuniaire ne sont pas davantage détaillées.